Abdallahi dans l'histoire

Il suffit d'un regard, d'un coup d'oeil pour se rendre compte de l'émotion intense et profonde que produit l'album et les planches originales des deux albums d'Abdallahi aux éditions Futuropolis.
Signé au pinceau par Jean-Denis Pendanx, ce dyptique est un chef d'oeuvre de pure et de grande émotion, un moment de gràce intemporelle à fleur de pages et de cases, un refuge contre la morosité, une lueur superbe et transcendante dans l'obscurité parfois tragique de nos sociétés.
Vous pensez que j'en fais trop !!!, je n'en fais sans doute pas assez !
Ces deux albums sont l'adaptation libre de la vie et des voyages africains de René Caillié qui au début du 19ème siècle réussi le pari fou de traverser une parti de l'afrique, lui le blanc qui devint Abdallahi l'africain.

Le pitch officiel:
Premier Européen à entrer dans Tombouctou, ville mythique et interdite aux Blancs, et à en être ressorti vivant, René Caillié, explorateur solitaire, effectua 4 500 kilomètres à pied, du Sénégal à Tanger, sans aucun soutien officiel, en se faisant passer pour Arabe et musulman.
Nous sommes en 1824. René Caillié, un jeune Français qui voyage déjà depuis quelques années sur les côtes d'Afrique, veut découvrir l'intérieur des terres, là où aucun Blanc ne s'est encore rendu.
Ayant pris pied sur les côtes, les Européens sont alors fascinés et terrifiés par ces terres intérieures. Plusieurs explorateurs, dont le plus célèbre est Mungo Park, sont morts de maladie ou tués. Certains peuples interdisent le passage sur leurs territoires et sur ces terres conquises par l'Islam, le voyageur blanc est menacé de mort.
Caillié est seul, il a peu d'argent, personne ne veut soutenir son projet, on le prend pour un fou ou un charlatan. Il s'invente une méthode pour voyager.
Il va d'abord s'initier dans une tribu maure, les Braknas, où il dit vouloir se convertir à l'Islam. Il change de nom et devient Abdallahi.
Toujours menacé d'être découvert, se cachant pour écrire son journal de voyage, devant gagner la confiance, il rencontre un guide noir, Arafanba qui devient son double africain. Après un nouveau refus d'aide officielle, suspecté par les Blancs d'être passé du côté des indigènes, suspecté d'espionnage par les Braknas, Caillié décide pourtant de partir pour ce périple de 4 500 kilomètres, vers Tombouctou, ville de tous les fantasmes.
Il est maintenant Abdallahi, "Le serviteur de Dieu", fils d'Égyptien enlevé par les Blancs, esclave affranchi, qui veut retourner sur sa terre natale. Il voyagera à pied comme un mendiant.
Tand qu'on le croira, il aura la vie sauve.

A travers les planches (exposées à la galerie maghen au 47 quai des grands augustins paris) et la vie de René Caillié, vous comprenez pourquoi j'ai été emballé à la lecture des deux albums. La BD ose tout, nous sommes depuis quelques années dans une BD ouverte à tous les univers, à toutes les sociétés, à toutes les angoisses et à tous les bonheurs du monde.
Abdallahi chez futuropolis et les planches originales à la galerie Maghen ...bonne lecture !