Des rat's et un Ptiluc

Alors qu'un nouveau Rat's va faire son apparition dans les bacs, je tenais à faire un zoom sur le trés talentueux Ptiluc, un auteur que j'affectionne particulièrement et celà pour plusieurs raisons.
La première, c'est Franquin qui l'a remarqué ... et pour moi c'est un gage de trés haute qualité !
La deuxième c'est la gouaille du bonhomme, une grande gueule au coeur tendre, un phrasé "cool" mais pas trop quand même et une tronche à faire courir mémé dans les orties...
La troisième, c'est sont talent, un talent pour le graphisme, un scénario complêtement décalé, bref un OVNI oh combien nécéssaire à la BD

Petit résumé de la vie de Monsieur Ptiluc:
Notre jeune héros naquit un après-midi frisquet, le 29 décembre 1956, à Mons, sympathique bourgade belge coincée entre les champs de terrils et de betteraves...
Si, dès l'âge de sept ans, il se jeta tout feu tout flamme dans la confection de petits albums de bandes dessinées pratiquement illisibles et tirés à un exemplaire chacun (tout fait main ), il ne songea à en faire un métier que beaucoup plus tard
Notre jeune héros arriva donc par un beau matin sur les bancs de la faculté des Sciences pour devenir un brillant savant dont son papa serait très fier... Oui, mais le jeune branleur livré à lui-même dans l'enfer des campus ne consacra son temps qu'à la réalisation de caricatures d'affiches pour des boums, et bien évidemment de petits albums tirés à un exemplaire...
Les sept années qui suivirent furent consacrés à cette tâche ingrate de trouver un éditeur pour augmenter le tirage de ses bd pour l’instant limitée à un exemplaire... Alternant les voyages à moto et les planches de BD, il se retrouva chez des tas de petits éditeurs à la vie éphémère : Michel Deligne et son journal "Spatial", trois numéros de "Aïe!", deux de "Vie Privée" puis des crobards pour la presse régionale (Nord Éclair), et différents périodiques pour les profs, les scouts, les étudiants, les auberges de jeunesse, les motards ou les militants du Larzac... Entre la réalisation d'étiquettes pour fromages de chèvre et d'étiquettes de limonade lozérienne, notre héros découvrait des tas de pays en continuant à dessiner des BD qui n'intéressaient aucun éditeur...

Un beau jour, il apprit que les éditions Didier Hatier à Bruxelles cherchait un dessinateur pour illustrer de manière humoristique une méthode audiovisuelle destinée à donner envie aux petits wallons d'apprendre le flamand.... Trois bouquins à illustrer en trois ans, ça lui laissa le temps de continuer à faire d'autres BD que, de toute façon, personne ne voulait publier.
Mais, petit à petit, le directeur des éditions Didier Hatier commença à s'intéresser aux dessins de son illustrateur... principalement ceux avec des rats partout... C'est finalement Franquin qui mit fin à ses hésitations.... En effet, Franquin suivait depuis un certain temps déjà et avec intérêt l'évolution de ces gribouillis. Il lui donna donc là l'ultime coup de pouce qui devait convaincre l'éditeur... Vite, d'un p'tit coup d'moto, notre héros partit chercher les planches qui croupissaient encore sur une vague liste d'attente chez Dargaud, les ramena à Bruxelles et un mois plus tard naissaient le premier album et les éditions Vents d'Ouest... Le fait que, durant les années précédentes, avait été amassée une importante quantité de planches permit aux trois premiers albums de sortir à quelques mois d'intervalles. A la sortie du quatrième, Vents d'Ouest s'installa à Paris et y prit de l'ampleur grâce au soutien de Hatier Paris.

Le nouveau Rat's:
Après les fantasmagoriques aventures des crapos, des castors et des Rat's, c'est désormais les lapinos qui viennent à la rencontre de nos amis rongeurs. Les rat's ont enfin atteint l'île qu'ils convoitaient depuis tant de temps ( huit tomes et près de 400 pages), mais sur cette charmante île il y a des lapinos, adorables petites peluches, attendrissantes comme des nounours au chocolat ou des bisounours avec plein d'étoiles au dessus de leur tête mais en fait tout celà n'est que l'aspect intérieur car à l'extérieur ils ont un petit défaut, ils se décomposent et ils perdent un bras, un oeil ...car ils sont finalement tous pourris !!!

Ce nouvel opus est une nouvelle fois un régal visuel, Ptiluc nous en met plein les mirettes, les personnages sont toujours aussi funnys, funkys et totalement déjantés, on ressent à fleur de cases la pourriture, la folie et la décadence de ces rat's et de ces lapinos que l'on ne souhaiterait pas rencontrer dans notre quotidien, mais finalement, Rat's n'est il pas une satire de notre quotidien ...
Alors bonne lecture, régalez vous, un rat's à la sauce Ptiluc c'est plutôt goûteux ...